La peur et la confiance

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Un peu avant de partir, ou quand j’étais déjà en chemin je ne me souviens plus très bien, ma cousine Adeline m’a envoyé cette vidéo de 20 minutes que je vous invite à regarder à l’occasion :

« Et si on arrêtait d’avoir peur« , un discours TED de Margaux Hammann.

Elle nous parle de peur et d’amour, de notre monde mort de trouille.

Cette vidéo m’a marquée, elle donne une perspective sur la vie qui me plaît beaucoup.

Le mantra que présente Margaux « Que ferait l’amour ? », « Que ferait l’absence de peur ? » est réellement quelque chose qui m’a servit dans de nombreuses situations, quand mon esprit avait besoin de cette petite claque pour se réveiller de ses angoisses.

Ça fait peur de partir vers l’inconnu.

Ça fait peur de recommencer cela chaque jour pendant 18 mois.

Chaque jour, tu ne sais pas où tu vas planter la tente le soir, chaque jour tu ne sais pas ce que la route te réserve, chaque jour tu fais confiance à des inconnus.

Mais la peur la plus tenace, la plus rude pour moi, n’était pas dans ces choses là.

Ma peur la plus tenace était celle de perdre un être cher.

Et si parmi mes parents, mes grands-parents, mes sœurs, leurs copains, mes tantes, oncles, cousines et cousins, si parmi mes amis à 10 000 km d’ici, si parmi eux quelqu’un a un grave accident ? S’il meure alors que je suis à l’autre bout du monde ?

Et si Irina fait une chute grave à vélo ? Si elle a un accident sur la route juste à coté de moi ? Si le bus qu’elle a pris seule pour avancer à Potosi a un accident ?

C’est cette peur là qui m’a le plus touché.

Je sais qu’en miroir, cette même peur est dans la tête de ceux qui m’aiment.

Il est où Loïc ? Tout va bien ? Il dort où ce soir ? Il était où au dernier point satellite remonté par l’irridum du voilier ?

Et cela ne fait pas plaisir de te dire que tu es en train de faire souffrir les gens qui t’aiment.

C’est très difficile de prendre du recul et de dépasser cette peur.

C’est difficile mais ça vaut la peine d’essayer, à chaque fois, d’appendre à lutter contre elle.

D’apprendre à lutter et de mettre à la place la confiance et l’amour.

C’est paradoxal, cette peur nous vient en douce depuis l’amour, c’est la peur de perdre un être que l’on aime.

Ça complique les choses.

Ça rend la confiance plus difficile à ressentir.

La confiance dans le fait que mes proches prennent soin d’eux du mieux qu’ils peuvent, qu’ils regardent à gauche et à droite avant de traverser la rue.

Et de leur coté la confiance dans le fait que je sois prudent, que je me renseigne, que je parle avec les locaux pour connaître les risques du coin où je suis.

Que nous ne montons pas la tente près du lit d’une rivière qui peut subir une crue, ni près d’une falaise d’où peuvent tomber des pierres, que nous ne nous lançons pas de nuit dans un coupe-gorge où nous avons manifestement des chances de nous faire braquer.

Nous ne maîtrisons pas tout, c’est évident. La vie a toujours des surprises pour nous. Les joies et les malheurs viennent souvent de là où nous ne les attendons pas.

Alors voila un des plus gros apprentissages de ce long voyage : m’entraîner un peu plus à faire confiance à ceux que j’aime.

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